“Obama victime de sa couleur de peau”
Revue de presse du 24 avril : Courrier International
Le résultat de la primaire en Pennsylvanie montre que certains électeurs démocrates ont encore des réticences à voter pour le candidat noir. Une tendance qui pourrait finalement être préjudiciable à l’élection d’un démocrate à la Maison-Blanche.
La question plane sur la campagne présidentielle du sénateur Barack Obama et s’est faite plus pressante encore depuis le 22 avril et sa défaite face à Hillary Rodham Clinton en Pennsylvanie. Pourquoi se révèle-t-il incapable de rallier à sa cause suffisamment d’électeurs ouvriers et blancs pour emporter l’investiture démocrate ? C’est à se demander si la race constitue un problème pour le Parti démocrate dès lors qu’il s’agit de désigner un Afro-Américain pour le représenter dans la course à la Maison-Blanche. Au moment même où le Parti démocrate semblait sur le point de se choisir Obama comme candidat, ce dernier a, de nouveau, perdu dans un Etat clé. La composition des soutiens à Hillary Clinton (ou, pour le dire autrement, l’assemblage d’électeurs peu enclins à choisir Obama) doit amener les démocrates à s’interroger sur la dimension raciale de la chose, et à s’en inquiéter.“Je suis sûr que ça n’est pas sans importance”, confirme David Axelrod, haut conseiller politique auprès d’Obama, parlant de l’impact des origines raciales sur le vote au cours des dernières primaires. Selon lui, Hillary Clinton a son plus net avantage auprès de l’électorat âgé. “Je pense que ces électeurs ont globalement tendance à voter pour ce qu’ils connaissent le mieux. Et là, on a un type qui s’appelle Barack Obama, un Afro-Américain, relativement nouveau. Ça fait beaucoup de changement”, explique-t-il. Si l’on peut supposer qu’elle joue un rôle essentiel pour ce qui est d’évaluer la viabilité de la candidature d’Obama, la question de la race est difficile à démêler de l’écheveau du débat politique qui l’entoure et qui embrasse des sujets comme les valeurs, l’élitisme, l’idéologie et l’expérience. Certains indices, dans les sondages, laissent entrevoir les racines profondes qu’ont les comportements raciaux dans ce pays, ainsi que les obstacles auxquels est confronté Obama quand il s’agit de séduire l’électorat blanc. Historiquement, il est néanmoins difficile de mesurer à quel point ces comportements interviennent dans la décision des électeurs. Il est rare que les personnes interrogées déclarent ouvertement aux sondeurs qu’elles ne voteraient pas pour un ou une candidate parce qu’il ou elle est noir(e).[...]
Par Anza | 24 April 2008

