Bodie, à la découverte d’une authentique ville fantôme


Ses origines :
En 1859, W.S. Bodey, prospecteur, découvre de l’or à cet endroit et donne son nom à un camp minier. La même année, au mois de novembre, il meurt dans une tempête de neige après un voyage d’approvisionnement à Monoville.

En 1876, la Standard Company découvre un filon exploitable et le petit camp minier isolé, n’abritant que quelques prospecteurs, se change en une ville champignon qu’on nommera bientôt Bodie.
En 1893, la dite compagnie construit sa propre usine hydroélectrique, située à une vingtaine de kilomètres de la ville sur la rivière Green Creek, au-dessus de Bridgeport en Californie. L’installation produit du courant alternatif à 6 600 volts pour un maximum de 96 kw ; cette puissance alimente, à l’époque, notamment les vingt marteaux de l’usine de battage de la compagnie. Cette installation innovante est restée dans les mémoires comme l’une des premières applications du transport d’électricité sur une longue distance. Il semblerait, cependant, que cette avancée n’ait pas profité à la ville et que l’électricité ne soit pas venue jusqu’aux habitations privées.

En tant que ville minière en pleine effervescence, Bodie possède les avantages des grandes villes, notamment deux banques, une fanfare, une voie de chemin de fer, une association de miniers et d’ouvriers, plusieurs journaux et une prison. À son apogée soixante-cinq saloons ouvrent leurs portes sur la rue principale longue d’environ deux kilomètres. Les assassinats, les fusillades, les bagarres et les hold-ups sont monnaie courante. Une légende dit qu’une petite fille, apprenant qu’elle et sa famille déménageaient pour Bodie, fait une nuit cette prière : “Au revoir Seigneur, nous allons à Bodie.”

Construite durant la Ruée vers l’or en Californie, la ville atteint une population de 10 000 habitants en 1880 (deuxième ville de Californie à l’époque).
Bien que considérablement réduite en superficie, Bodie garde des résidents à travers une grande partie du XXe siècle, même après l’incendie qui ravage le centre-ville en 1932. Mais des incendies consécutifs mettent fin à l’histoire de la ville.


Crédit photo © Agathe Azzis

Sa fin :
Bodie est dorénavant une authentique ville fantôme d’Amérique de l’Ouest, elle a été nommée National Historic Landmark en 1961.
Aujourd’hui, Bodie est préservée dans un état de délabrement arrêté. Seulement une petite partie de la ville a survécu. Les visiteurs peuvent arpenter des rues vides qui ont déjà connu une population de presque 10 000 personnes. L’intérieur des bâtiments est laissé tel que lors de son abandon. Bodie est ouverte toute l’année, mais la longue route qui mène vers elle est généralement fermée l’hiver, à cause d’importantes tempêtes de neige. La période la plus confortable pour la visiter est donc l’été.
On considère qu’il reste à l’heure actuelle plus ou moins 5 % des bâtiments d’époque (ceux-ci sont entretenus par des rangers).

Pour la postérité :
La quantité d’or produite, au total, par Bodie a été évaluée à 34 millions de dollars.

Organiser une visite :
Il est impératif de s’y arrêter si l’on se fait un tour de la Californie en descendant du lac Tahoe, en sortant de Yosemite et avant d’entrer dans la Death Valley (ou inversement).
Une fois que l’on dépasse Mono Lake, on quitte vite l’autoroute pour prendre un chemin de terre assez inquiétant sur 15km. Il faut rouler très doucement et ne pas perdre l’envie de plonger dans le passé des chercheurs d’or pour ne pas faire demi-tour. Mais une fois que l’on y est on est ravi.
Selon l’époque de l’année certaines routes peuvent être fermées, il faut juste vérifier avant.
Le droit d’entrée sur le site est de 5$ par adulte et 3 par enfant.
Ce voyage dans le temps, avec arrêt sur image, ne pourra laisser personne indifférent.

Voir sur internet :
- Site officiel de Bodie
- Regarder les photos satellite de Bodie

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Par Anza | 28 October 2008

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