Le 2 février c’est la chandeleur : La fêtes des chandelles
Fête de tradition catholique, la Chandeleur célèbre originellement la présentation de l’enfant Jésus-Christ au Temple, précisément 40 jours après sa naissance. C’est à cette date que traditionnellement, les catholiques rangent leur crèche.
C’est en mémoire de cet événement, qu’à partir de 492 fut organisée une procession annuelle, au cours de laquelle étaient allumés des cierges bénis. La fête de la Chandeleur tire d’ailleurs son nom du latin festa candelarum (fête des chandelles).
C’est lors de l’une de ces processions qu’est né le traditionnel partage des crêpes chaque 2 février. Afin d’encourager et de récompenser les nombreux pèlerins venus jusqu’à Rome pour fêter la Chandeleur, le pape Gélase 1er leur distribua des crêpes (de crispus, ondulé en latin), appelées “oublies” en ce temps, donnant ainsi naissance à une tradition toujours respectée.
Dans le monde paysan, le 2 février symbolise également la sortie de l’hiver et le retour au travail agricole. Les chandelles bénies étaient donc conservées par les paysans superstitieux qui les rallumaient dans le but de protéger les futures récoltes. Avec le temps, les crêpes devinrent également un témoignage d’allégeance des fermiers envers leurs seigneurs, qui s’en voyaient offrir chaque année.
Comme c’est le cas pour bon nombre de fêtes, il règne autour de la Chandeleur une atmosphère de superstition encore présente aujourd’hui. Certains continuent de faire sauter leur première crêpe de la main droite, un Louis d’or dans la main gauche. D’autres encore jetent cette première crêpe par dessus l’armoire, toujours par superstition…
A noter : s’il est d’usage de manger des crêpes, certaines régions du sud de la France fêtent la Chandeleur en dégustant des beignets.
Le sarrasin, une plante venue d’Asie :
On estime l’apparition des premières galettes à 7 000 avant notre ère. A l’époque, elles étaient préparées à partir de toutes sortes de céréales et entraient dans la nourriture de base, au même titre que les soupes et les bouillies.
Le sarrasin, ou blé noir, a fait son apparition en France au XIIe siècle au retour des Croisés, à qui l’on doit l’importation de cette plante d’Asie. Car contrairement à son nom, le sarrasin n’a rien du blé et appartient aux polygonacées comme l’oseille ou la rhubarbe, même si de par sa culture et son utilisation on a tendance à le classer parmi les céréales.
Si la Bretagne est connue pour être la patrie des galettes de blé noir, c’est parce que les terres et le climat tempéré de ce pays convenaient parfaitement à la culture du sarrasin. On surnomme par ailleurs cette plante, plante des 100 jours, en référence à sa culture qui s’étend sur trois mois de juin à la fin du mois d’août.
Le froment étant réservé aux riches propriétaires, longtemps le sarrasin, et notamment les galettes, a fait office de pain dans les bouillies et les soupes qu’il rendait plus consistantes. Ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle, et la démocratisation du pain au froment, que le sarrasin a perdu de son influence dans la gastronomie.
Avant que le froment ne devienne donc accessible à tous, existaient deux types de préparations à base de sarrasin : la galette et la crêpe de blé noir.
La galette comme on la consomme encore aujourd’hui était plutôt une spécialité de la Haute-Bretagne. On la garnissait de viandes, de jambon, de saucisses, de fromage et de poissons. En revanche, la crêpe de sarrasin, était beaucoup plus fine et croustillante. Cette texture particulière, qui rendait son garnissage difficile, justifiera d’ailleurs son abandon progressif au profit des simples galettes.
Si de nos jours, certains ajoutent des œufs, du beurre, voire du lait ou de la farine de froment afin d’obtenir une galette plus souple et colorée, la recette d’eau, de sel et bien sûr de sarrasin, demeure la même depuis bientôt 1 000 ans.
Avant même l’utilisation généralisée du froment, on consommait déjà des crêpes sucrées. Celles-ci étaient faite à base de sarrasin auquel on ajoutait des œufs, du sucre et des épices comme la cannelle.
Populaires sur l’ensemble du territoire français, les crêpes, telles qu’on les connaît aujourd’hui, n’existent finalement que depuis un peu plus d’un siècle.
Elles possèdent différents noms selon les régions et le fait qu’elles soient fines, épaisses, croustillantes, moelleuses, grandes ou petites. On les connaît par exemple sous le nom de tantimolles en Champagne, vautes dans les Ardennes, roussettes en pays d’Anjou ou encore crupets en Gascogne.
Coup de coeur : Manger français autrement
Si vous vivez dans la baie de San Francisco et que vous rêvez de France et surtout de Bretagne mais que vous n’avez pas la moindre envie d’ouvrir le livre de recette que votre mère vous à offert le jour où elle a su que vous partiez vivre au pays des hamburgers. Ou bien qu’à l’idée d’un resto français dans lequel vous allez laisser l’équivalent de deux semaines de courses au Trader Joe’s vous commencez à regretter d’avoir encore des envies… Witch of the City vous propose tout simplement de déguster une crêpe bretonne tout en faisant votre marché.
Par Anza | 2 February 2009
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